René Bakang : « Je suis dans le staff depuis l’âge  de 09 ans »

René Bakang : « Je suis dans le staff depuis l’âge  de 09 ans »

L’homme qui reçoit l’équipe du journal Le Grand Bassa est un lourd calibre, pour dire le moins. René Bakang est le président fondateur de  l’Association des staffeurs professionnels du Cameroun. Ce natif du village Malombo dans l’arrondissement Makak est le promoteur du centre de formation en staff (qui consiste au revêtement de surface murale et plafonnière à base de plâtre), par ailleurs le seul centre de formation agréé au Cameroun et en Afrique francophone. Bonne lecture.

D’où vous vient votre passion pour le staff, encore appelé revêtement de surface murale et plafonnière à base de plâtre

J’aime toujours me vanter comme on dit en Bassa « Kagba ». Je suis un jeune Camerounais. J’ai découvert l’art du staff en 1999 à l’âge de neuf ans. Et mon formateur qui est mon père, mon patron, mon collègue est aussi mon beau-frère, un Yambassa du nom d’EKWAN TITI Pierre. Je l’ai rencontré en 1999 alors qu’il avait déjà épousé ma sœur et il m’a fait plonger dans un métier qui est devenu une passion. J’y suis encore à ce jour ! En l’absence de centre de formation spécifique, j’ai appris sur le tas grâce à ce mentor exceptionnel. Mon initiation a duré cinq ans avant que je reçoive mes premières commandes : Pizzeria au Carrefour Bastos, Hôtel Mont Mandara…. Après cette première expérience, j’ai pris la direction du Moyen Orient et de l’Asie Mineure. J’ai commencé à Dubaï dans une entreprise qu’on appelle  PENTEX TECHNICAL SERVICE où j’ai travaillé comme technicien salarié. Cette entreprise m’a muté au Qatar puis en Inde. J’ai passé sept ans en Asie à perfectionner la pratique du Staff. Je suis de retour au Cameroun, mon pays, pour partager mon expérience avec mes compatriotes. Quiconque vaudrait oser, inventer, créer des arts muraux et plafonniers avec du plâtre et de la peinture et j’en passe doit subir une formation à plusieurs séquences.

 

Alors de retour au Cameroun comme vous avez expliqué, vous allez créer l’Association des staffeurs professionnels du Cameroun et plus tard vous allez instituer un centre de formation en staff qui est d’ailleurs le seul centre de formation agréé au Cameroun et en Afrique francophone. Qui peut devenir membre de l’association ? Comment ça se passe ?

L’Association des Staffeurs professionnels du Cameroun, en abrégé ASPROCAM, est une organisation professionnelle de droit communautaire de l’Etat dont le siège social est situé quartier Mimboman, Yaoundé Cameroun dont je suis le président national. A ce jour nous avons des antennes à Douala, Garoua, Edéa, Bafoussam, Bamenda et une deuxième à Yaoundé hormis le siège. Les adhérents à cette association sont pour le moment au nombre de 58 membres. Il faut savoir que c’est une jeune association et au fur et à mesure que nous travaillons, de plus en plus de personnes s’intéressent à notre structure. Concernant les catégories de membres, l’ASPROCAM est constituée de membres, d’honneur, puis les staffeurs répartis en plusieurs grades : les apprentis (1er niveau), techniciens (2e niveau), professionnels (3e niveau),  Experts (4e niveau), Experts certifiés. C’est le plus haut grade reconnu pour avoir la faculté de confirmer le passage d’un niveau à un autre grade et même de certifier la qualité du travail d’un confrère. L’idée de créer m’est venue tout naturellement lorsque j’ai mesuré la qualité et la diversité des savoirs que mon parcours exceptionnel à l’étranger m’ont permis de capitaliser. Je considérais que c’était mon devoir de partager ce patrimoine immatériel avec d’autres professionnels du Cameroun, qu’ils soient en début de formation, ou professionnels en quête de perfectionnement. J’ai entrepris, conseillé par un entourage bien inspiré, les démarches administratives requises avant d’être  agréent comme le tout premier centre des métiers de plâtrerie et de staffage par le ministère de l’emploi et de la formation professionnelle.

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Nous pouvons dans ces conditions considérer que toute personne formée « sur le tas » et performante dans son travail possède  d’excellentes qualifications professionnelles. Mais le centre est le premier organisme qui attribue la certification sanctionnant la formation dans cette filière professionnelle. Grace à ce centre, les staffeurs peuvent avoir une attestation reconnue. Attestation qui autorise sont titulaire à se présenter à l’examen national du staff. Je profite d’ailleurs de cette occasion qui m’est offerte pour remercier le ministère de l’emploi et de la formation professionnelle ; mais également le Fond National de l’Emploi qui a récemment orienté vers nous dix (10) apprenants. Ceux-ci bénéficient actuellement d’une formation pratique, dans le cadre d’un parcours qui leur est offert gratuitement. Le staff est un art, un métier de finition qui donne une âme particulière à un ouvrage. C’est de la maçonnerie de finition et d’embellissement pour l’intérieur, les murs, les plafonds, les fausses cheminées, les balustrades, les corniches, etc. C’est donc une maçonnerie de luxe pratique pour faire des décorations murales, des enduits muraux, les décorations d’intérieur. Le staff est un métier qui nourrit son homme.

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« Le staff est un métier qui nourrit son homme ». Si vous êtes donc Bassa, à quand un centre de formation professionnel à Makak?

Ce n’est pas l’envie qui me manque. Mais ce n’est pas chose aisée. Un agrément est accordé pour un seul centre, et il faudrait introduire une nouvelle requête pour MAKAK, avant d’investir dans la construction du centre en lui-même.. Cela reste un rêve réalisable, dans le prolongement de la structure de Mimboman qui, elle, existe bel et bien. Je suis ouvert à toutes les suggestions que les Bassa-Mpoo-Bati de la Diaspora peuvent m’adresser. Il faut être honnête sur le fait que les bons techniciens manquent. Avec ce centre de formation, l’occasion nous est donnée de faire former de véritables maîtres. Notre action contribue aussi à éloigner les jeunes de trois grands maux : le chômage, le banditisme et l’immigration clandestine.

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Une dernière question, quel est votre message à l’endroit de ces jeunes Bass-Mpoo-Bati « débrouillards » ?

Déjà pour les Bassa-Mpoo-Bati, je prends conscience  qu’avec ce journal nous sommes dans notre coin du village. Sérieusement,  je vais donc monter un projet sérieux. L’équipe dirigeante du centre va travailler sur la question. Cet entretien marque un tournant sérieux dans notre volonté de nous impliquer encore dans l’accompagnement…Je perçois assez clairement le besoin.

Le coût de la formation est-il abordable ?  De formations est abordable pour tout le monde ? Comment faire pour qu’au travers du journal le Grand Bassa, le Peuple Bassa-Mpoo-Bati profite de cette expérience ?

Pour le moment le prix est à 425.000 FCFA par année. Le cursus dure deux années pleines. La formule formation rapide en un an vous permet, au terme du cycle, d’exercer le métier mais vous exclue ne vous qualifie pas pour présenter l’examen national.

Votre message à la jeunesse camerounaise en général et à la jeunesse Bassa-Mpoo-Bati en particulier ?

Nos ancêtres ont travaillé pour que nous soyons ce que nous sommes, et ils savaient que les grandes réussites reposent sur l’union. L’homme du Sud Cameroun a été parmi les pionniers dans notre filière, suivi par nos compatriotes de l’Ouest.  Les habitants de la Côte et du Centre commencent à s’y intéresser et nous allons voir nos espaces publics et nos maisons s’embellir radicalement. Merci.

Entretien avec S.D.

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